Tanguy, le retour – un film qui sent bon la naphtaline

©SND

Tanguy, le retour
Sorti le 10 avril 2019
1h33
Comédie
De Étienne Chatiliez Avec André Dussollier, Sabine Azéma, Eric Berger

16 ans plus tard, Tanguy, qui a maintenant 44 ans, revient chez ses parents avec sa fille Zhu sous le bras car Meï Lin l’a quitté. Catastrophés de voir leur « tout-petit » dans cet état, Paul et Édith font tout pour lui redonner goût à la vie, sans réaliser que ce faisant, ils tressent la corde pour se pendre. Car Tanguy recommence à se sentir bien chez ses parents…

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De la filmographie d’Etienne Chatilliez, on retiendra qu’il s’agit d’un réalisateur qui s’est toujours penché sur des phénomènes de société avec des personnages toujours plus colorés les uns que les autres. La palme revenant, pour moi, à La vie est un long fleuve tranquille. Un réalisateur qui sait appuyer où cela fait mal, mais avec humour, sauf que cela fait depuis 2001, que le réalisateur n’a pas tourné un bon film. La catastrophe ultime se partageant entre Agathe Cléry et L’Oncle Charles, sauf que dans le cas du premier, au moins, il y avait un travail de réalisation.

Comme on dit que c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes, le réalisateur décide de revenir avec son personnage de Tanguy pour retenter le succès qu’il avait connu avec le premier volet.

Et cela risque d’être très difficile d’atteindre les quatre millions avec ce film.

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Le retour de ce personnage n’était vraiment pas du tout attendu et surtout, c’est vraiment quand la bande-annonce est sortie que la plupart des gens ont fini par apprendre l’existence de cette suite. En sachant que le film est sorti très rapidement derrière, cela sentait déjà mal et cela ne va pas s’arranger avec le visionnage du film.

16 ans après, Tanguy revient chez ses parents, car sa femme l’a quittée en lui laissant le soin de garder leur enfant. C’est le point de départ et c’est surtout la seule originalité de ce film. Tout le reste n’est qu’une redite du premier film en moins bien.

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Le film met réellement une heure avant de vraiment se lancer et pendant cette heure, on ne fait que de la présentation de personnage que l’on connaît déjà. Il suffisait d’introduire les nouveaux personnages, cela ne prenait pas plus de vingt minutes. On se demande pourquoi il a fallu se retaper toute la présentation des personnages que l’on connaissait déjà et la mise en situation.

En dehors de cela, il faudra se taper des clichés par paquet sur les Chinois et surtout, vive les citations de Confucius quasiment placées une phrase sur deux pour la fille. Puis, on a le droit à quelques gags déjà vu dans le premier. Sans compter sur la prostate de Dussollier qui devient un running gag ou même le fil rouge de ce film.

Le plus énervant, c’est que le film n’arrive pas à avoir de souffle et on se retrouve avec des situations totalement débiles dans 90 % des cas et surtout, qu’elles sont mises en place toujours de la même façon.

Et quand on arrive à la fin du film, on se dit que le tableau final pourrait presque annoncer un possible troisième volet sur la revanche des parents de Tanguy. En espérant que cela n’arrive pas.

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Mais il n’y a pas que le scénario qui est complètement à l’ouest, car son réalisateur l’est tout autant. Après un beau générique de début de film, on a l’impression que le réalisateur est parti en congé et qu’il a été remplacé par une caméra sur un trépied. L’image manque de soin et dans certaines scènes, on se demande s’il n’y a pas un problème de colorimétrie tellement les couleurs sont ternes et grises en permanence.

Ce film démontre tout de même une chose : c’est que l’on peut avoir des acteurs de talent, mais quand il n’y a rien derrière, les acteurs ne peuvent pas faire leur boulot.

Et par pitié, le film est distribué par SND (groupe M6), c’est un peu du foutage de gueule de haut niveau de claquer des jingles signalant que M6 aime ce film, tout comme RTL (groupe M6 également). Dès le début, on sent que le distributeur sent que son film va faire un bide et qu’il a besoin de se rassurer en claquant cela au démarrage.

 

Tanguy le retour, le film que personne n’attendait et que peu vont aller voir au vu du résultat final. Alors qu’Etienne Chatilliez voulait faire taire ce proverbe du cinéma qui dit que le second est toujours moins bon que le premier film, il finit par démontrer que c’est bien d’actualité. Le scénario sent le rance et le réchauffer, à grand coup de vannes que Michel Leeb aurait pu faire. Un scénario à l’ouest pour un réalisateur qui semble être aux abonnés absents durant le tournage, car on a vraiment l’impression qu’il a été remplacé par une caméra sur un trépied et que personne ne semble gérer la lumière ou la colorimétrie sur ce film. Ce n’est pas encore aujourd’hui que ce grand réalisateur va réellement revenir dans la lumière.

PouceDemi

 

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